Des journalistes de Bukavu ont pris part à un atelier de formation sur le journalisme sensible aux conflits et l’éducation aux médias. Organisée par le GIZ, en partenariat avec Action pour la Paix et la Concorde (APC) et RAPI du 25 au 26 août 2025, cette session a mis l’accent sur le rôle crucial des médias dans la consolidation de la paix dans une région marquée par des tensions récurrentes.

Pendant deux jours, les participants ont exploré les fondements d’un journalisme éthique et inclusif, capable de décrypter les dynamiques des conflits sans se limiter à la simple narration des violences. L’approche proposée invite à contextualiser les événements, à diversifier les sources, et surtout à faire entendre les voix souvent marginalisées.

La formatrice a également souligné l’importance de proposer des pistes de résolution, d’adopter une posture empathique et de privilégier une communication apaisante. Le journalisme, ont-ils rappelé, peut jouer un rôle actif dans la gestion des conflits en corrigeant les perceptions erronées, en identifiant les intérêts sous-jacents et en favorisant le dialogue.

L’atelier a aussi abordé les enjeux liés à l’éducation aux médias, notamment la prolifération de la désinformation et de la mésinformation sur les réseaux sociaux. Dans un contexte où l’intelligence artificielle facilite la diffusion de contenus trompeurs, les journalistes ont été appelés à redoubler de vigilance.

Pour Mitterrand Rukozo, membre du Réseau des Médias pour la Paix (Medias4Peace), qui a pris part:
« cette formationtombe à point nommé, dans un contexte où la région est confrontée à de multiples conflits ».

Il a également exprimé le vœu de mettre au profit du réseau les connaissances acquises durant l’atelier.

« Nous avons été outillés sur plusieurs aspects du journalisme sensible aux conflits et de l’éducation aux médias. Je suis ravi d’avoir pris part à cette session de formation de deux jours. Je pense que c’est une excellente opportunité pour nous, en tant que réseau des médias œuvrant pour la paix, d’acquérir des connaissances solides sur le traitement de l’information qui favorise la paix dans notre région. Cette formation est également venue renforcer notre projet Habari kwa Amani, dans son rôle éducatif, en montrant comment les médias peuvent jouer un rôle majeur dans l’établissement de la paix.
Et pour cela, ce sera une occasion de mettre ces connaissances au service de la paix, en adoptant un ton humain et en utilisant des mots sensibles aux conflits »

Les réseaux sociaux, aujourd’hui principale source d’information pour une grande partie de la population, ont été présentés comme des outils à double tranchant: puissants vecteurs de sensibilisation, mais aussi terrains fertiles pour les fake news.

Le journaliste, acteur éducatif

Enfin, les échanges ont éclairé le rôle éducatif du journaliste. En tant qu’ambassadeur de l’information, il doit contribuer à démystifier les fausses nouvelles.

En conclusion, cette formation a permis aux journalistes de Bukavu de renforcer leur engagement envers une information constructive, inclusive et porteuse de paix. Dans une région où chaque mot peut peser lourd.

Rédaction

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